La designer Isabelle Daëron nous raconte ses dispositifs Topique-eau non potable

Avez-vous déjà entendu parler du réseau d’eau secondaire à Paris ?

Un ingénieur du baron Haussmann, Eugène Belgrand, imagina un double réseau hydraulique pour la ville de Paris au 19e siècle. Ainsi prévit-il quelques 1700 km de canalisations pour transporter de l’eau non potable depuis la Seine et le Canal de l’Ourcq à destination des usages non domestiques de l’eau de la ville (fontaines, arrosages, entretien, etc.).

Nous avons échangé avec Isabelle Daëron, cette designer indépendante originaire de Lorient, enseignante à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris et qui expose actuellement son projet Topique-eau non potable au Pavillon de l’eau de Paris.

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Dès la fin de sa formation supérieure, Isabelle montre son intérêt pour l’objet urbain connecté à l’eau. Elle présente comme projet de fin d’études en 2009 une fontaine publique qui filtre l’eau de pluie pour la rendre potable.

Au gré d’appels d’offres et de concours de design, elle s’est clairement positionnée sur le design d’objets qui sont « connectés aux lieux dans lesquels ils sont implantés, reliés au contexte d’usage et déconnectés des réseaux d’énergies », nous explique-t-elle.

En 2012, alors qu’elle assistait à une restitution de l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR) qui remettait en cause le réseau d’eau non potable de la ville. « Ce qui est amusant et paradoxal, note Isabelle, c’est que lorsqu’on parle d’eau et d’environnement on pense à réduction de la consommation. Alors que les conclusions du rapport de l’APUR incite justement à consommer plus d’eau de ce réseau secondaire.

Pour Isabelle, c’est le déclic ! Elle relance ses recherches sur Topiques-eau non potable (Topique, du grec topos : relatif à un lieu) et travaille sur des objets visant à créer de nouveaux usages de ce réseau délaissé et menacé d’abandon.

En 2015, tout s’accélère lorsqu’elle est récompensée du prix Audi Talent Awards pour Les Topiques. Ce programme de mécénat lui permet de s’entourer de deux collaboratrices et de prototyper les dispositifs imaginés, parmi lesquels :

  • un bassin phytodépuratif et des chantepleures (arrosoirs à immerger) pour l’entretien des jardins collectifs

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  • une borne de nettoyage destinée aux parties communes d’immeubles
  • une bouche de rafraîchissement pour les places publiques visant à réduire la température en local lors des canicules.

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À ce jour, seule la chantepleure a fait l’objet d’une pré-série. Pour en faire l’acquisition c’est par ici !

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Le travail d’Isabelle Daëron sur les Topiques rassemble au total « une dizaine de dispositifs qui tirent parti des flux naturels comme l’eau de pluie, le vent, la lumière du soleil », tous présentés dans son très bel ouvrage Les Topiques.

Crédits photos : Matthieu Gauchet, Fabien Breuil, Pierre Lucet-Penato

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