STAND UP PADDLE : ANNE-SOPHIE BECAR NOUS RACONTE SA PARTICIPATION À LA DORDOGNE INTÉGRALE #3

Après trois mois d’entrainement, quelques 330 kms parcourus en SUP, et une jolie 4ème place à la célèbre course la Dordogne Intégrale 2017 au classement féminin en catégorie SUP, Anne-Sophie Becar revient sur son défi sportif !

Anne-Sophie, peux-tu revenir sur ta performance, les temps forts de ta course et ce qui t’a animé pendant ces treize longues heures ?

J’avoue qu’aujourd’hui encore, j’ai du mal à réaliser ce que nous avons accompli !

Le jour J j’étais réveillée à 3h du matin, 1h30 avant que le réveil ne sonne. Tout était prêt, puisque la veille nous avions gonflé les planches à côté du point de départ et préparé minutieusement tout ce que nous allions emporter pour être le plus autonome possible (pagaie de secours, nourriture, boisson, crème solaire, etc.). Nous avions même scié nos ailerons, car a priori le niveau d’eau laissait à désirer.

J’en ai donc profité pour méditer, me concentrer sur ma course puis faire quelques étirements.

Ensuite, tout est allé très vite, douche rapide, massage musculaire à l’arnica, petit déjeuner, encouragements mutuels, et hop, à 6h le départ était donné pour les 90 stand up paddles sous un lever de soleil majestueux !

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Dès le 1er coup de pagaie, j’ai su que j’irais loin. J’étais galvanisée d’être là ! L’équipe Itiwit, l’ambiance, toute cette logistique et ces entrainements des 3 derniers mois, pas de blessure, pas de problème matériel, une météo parfaite, un décor de rêve, nous étions là, et il n’y avait plus qu’à ramer !

Alors c’est ce que j’ai fait.

En essayant de trouver un rythme bien régulier avec une moyenne de 10km/h, surtout ne pas me faire embarquer par les premiers qui ont adopté dès le départ un rythme d’enfer !

Le premier tiers du parcours était ponctué de nombreux rapides, à négocier pour la plupart à genoux. J’avais l’impression d’être un bolide, c’était génial ! Que de sensations fortes !

L’organisation prévoyait un ravitaillement tous les 20 kms mais je n’avais prévu de m’arrêter que 2 fois pour tenter de finir la distance en moins de 14h.

Mon 1er stop au 45ème était obligatoire à cause d’un barrage. Cette étape a été décisive ! Je me sentais en super forme mentale et physique, comme si je venais de démarrer la course alors qu’il restait 85 kms. Je savais que je pouvais les faire car je les avais quasiment parcouru en entrainement. À partir de là, j’ai su que je ferais les 130 kms : plus rien n’a pu alors m’arrêter.

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Bien sûr il y a eu des moments plus longs que d’autres, de longs moments à ramer seule mais aussi de jolies rencontres avec des kayaks, des pirogues, ou d’autres SUPs. J’ai longtemps ramé avec un SUP tandem d’espagnols, un singapourien et une italienne, Magdalena, qui a d’ailleurs fini 3ème SUP femme au classement.

Et puis nous avons bénéficié de supporters incroyables ! Diego et Guillaume, puis Julien qui faisait la course en relai, amis et collaborateurs d’Itiwit nous encourageaient depuis les berges et à chaque ravitaillement ! Ils nous aidaient à remplir nos camel backs et avaient toujours un sourire ou un mot stimulant : ils ont été topissimes !

Ensuite, il y a eu les 85 kms, la charnière. En passant les 85, tu sais que tu vas aller au bout, et là, le rêve est proche. Je ne m’arrête pas. Les heures défilent et je n’ai mal nulle part, je souris, j’y crois.

100 kms, mon 2ème arrêt, je prends de l’eau, je croise Antoine qui fait une pause et savoure la joie de croiser femme et enfants avant de boucler les 30 derniers kms.

Il ne reste que 30 kms ! 30 kms ! C’est à peine la distance du 1er entrainement.

Dans ma tête, je me dis que c’est incroyable… j’ai du mal à y croire. Je pense à mes fils, à mes parents, à ma soeur. Je pense à Irwin, je me demande où il en est de sa course, ce qu’il ressent, je me dis qu’il est peut être déjà arrivé (le veinard !). Je pense à tous ceux qui m’ont encouragé : Stéphane, Giuliana, tous mes amis. Les paysages défilent, ils sont à couper le souffle, des falaises, des châteaux médiévaux, des enfants qui se baignent, certains m’encouragent.

Puis, mes pieds commencent à me faire souffrir, mais ils ne m’empêchent pas de ramer alors je serre les dents et les plonge dans l’eau fraîche toutes les 15 minutes, en même temps j’en profite pour boire et manger.

Puis l’arrivée et les derniers coups de rame, j’accélère…

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J’entends la team Itiwit crier mon prénom… c’est presque irréel… cela fait 13h que je rame… Guillaume et Diego, Irwin, Matt, Greg, les 2 Antoine, Alex, Julien, Nico, Clovis… puis David. Ça y est, on l’a fait. On a fait notre Dordogne Intégrale !!!

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2/ Bravo Anne-Sophie. Quelles seraient tes recommandations et tes mots pour les participants novices de la Dordogne Intégrale 2018 ?

J’ai envie de leur dire « allez-y, tout est possible ! »

« Where the mind wants, the body goes ». Merci Guéno pour cette phrase à laquelle j’ai pensé pendant toute la course 😉

Bien sûr c’est un très long effort et on ne peut pas tout improviser. Mais un entrainement évolutif bien suivi, une hygiène de vie saine, quelques régles de préparation simples, du matériel de qualité et surtout une grosse envie d’en découdre. Et c’est parti !

Ça restera un souvenir incroyable dont on se souviendra toute notre vie et que je suis heureuse d’avoir partagé avec Itiwit. Fière d’avoir fini 4ème femme dans ma catégorie SUP et fait les 130 kms sur un stand up paddle gonflable Itiwit quand les 3 premières devant moi, avaient des avions de chasse en fibre de carbone !

3/ Après 3 mois de préparation intense et surtout globale tu dois être dans une forme olympique. As-tu déjà repris le sport et quel est ton prochain défi ?

Alors que seuls mes pieds me faisaient mal à la fin de la course, quand j’ai amarré et posé un pied à terre, j’ai eu 90 ans dans la minute qui a suivi ! Chaque muscle me lançait. Je ne savais plus lever les bras, bouger mon cou… Je me rappelle m’être allongée et n’avoir plus bougé durant de longues minutes.

Une séance d’étirements le lendemain matin m’a probablement sauvé la vie car j’ai finalement eu très peu de courbatures par la suite.

Par contre, j’ai mis une bonne semaine à m’en remettre : fatigue physique et petit moral , j’ai eu le SUP blues !!! Donc oui, il faut trouver le prochain défi ou plutôt la prochaine expérience…

En attendant, rendez-vous samedi prochain à Socoa dans la Baie de Saint Jean de Luz, pour les 12 kms en mer de la Paddle Race Itiwit !

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