PORTRAIT DE NATHALIE BOURDON : UNE VIE ALIGNÉE SUR LA NATATION

Aligner sa vie professionnelle avec ses passions personnelles, beaucoup d’entre nous en avons rêvé. J’ai rencontré Nathalie Bourdon, cette jolie brune toujours élégante, qui s’est appuyé de son passé de nageuse de haut niveau pour servir sa passion de la mode et ainsi faire carrière dans la conception de maillots de bain. Nathalie revient sur le fil rouge qui a guidé sa vie.

 

Nathalie, tout semble tourner autour de la natation chez toi : ton parcours de sportive, ta carrière professionnelle, ta passion… comment t’es-tu débrouillée pour tout aligner ? 

NB : En fait je nage depuis ma petite enfance. Mes parents m’avaient inscrite à la natation, parce que c’était un sport bon pour la santé, ma maman souffrant de maux de dos. De manière assez naturelle j’ai commencé à apprendre à nager puis j’ai été détectée pour intégrer une section sport études. J’ai donc commencé un cursus scolaire sportif dès la classe de CM2 et j’ai fait toute ma scolarité jusqu’au Bac en conjuguant études et natation.

Je ne dirais pas que la natation était ma passion, c’était une activité qui rythmait ma vie au même titre que l’école : j’y allais tous les jours et toutes mes copines vivaient la même chose que moi. C’était donc naturel. Je m’entrainais la semaine, je partais en compétition le week-end, nous vivions toutes nos aventures ensembles…Ce qui me plaisait c’était tout ce qui gravitait autour du sport : l’ambiance, les amitiés fortes, les joies, les déceptions, les valeurs, les voyages, l’autonomie sans les parents, etc.

Je n’ai pas été une très bonne nageuse très jeune et je pense que c’est ce qui m’a permis de me hisser parmi les meilleures au fur et à mesure. Souvent les sportifs qui ont des résultats très vite ont du mal à accepter l’échec le jour où il se présente et arrêtent finalement assez vite le sport.

En classe de troisième, j’ai intégré l’équipe de France Junior et c’est quand même une grande étape et une vraie satisfaction dans une vie de sportif.

Cependant ma priorité restait les études. Une fois mon bac scientifique en poche, j’ai eu envie de partir apprendre l’anglais. Mon statut de sportive de haut niveau m’a permis d’intégrer une université américaine et d’y avoir mes études financées. Ainsi je me suis envolée outre-Atlantique pour suivre un cursus de quatre ans en marketing et intégrer l’équipe universitaire de natation à l’Université d’Alabama.

Ma vraie passion, c’était la mode. J’avais choisi tous les modules universitaires en lien avec cette thématique et j’ai pu réellement réaliser mon rêve quand une de mes professeurs m’a convaincue et soutenue pour faire un stage aux Galeries Lafayette de New-York. Le must !

De retour en France, j’ai terminé mon cursus par un DESS « mode et création » enchaînant deux stages chez Christian Lacroix et Princesse TamTam.

Mais c’est en visionnant une émission télévisée sur la création de la marque de maillots de bain de Jenna de Rosnay, que j’ai su ce que je souhaitais vraiment faire comme métier.

Je rêvais désormais d’être chef de produit pour cette marque. Jenna représentait pour moi l’association parfaite d’une sportive accomplie, qui appartenait au milieu de la mode et qui réussissait sa vie professionnelle de femme d’affaires.

J’ai finalement eu la chance de réaliser mon rêve. Et ce fut le début la première étape pour moi dans l’univers du sport et du maillot de bain !!! Ce produit était pour moi iconique !

 

Après un parcours de nageuse de haut niveau, dans quel état d’esprit es-tu sortie du circuit des compétitions et comment as-tu rebondi avec succès sur une carrière avec pour toile de fond ton sport passion ? Quels seraient tes conseils pour les jeunes sportifs qui souhaitent faire une carrière en lien avec leur sport ?

NB : À 24 ans mon souhait était de partir à New York et c’est ce qui m’a imposé de mettre un terme à ma carrière de nageuse. C’était finalement le début d’une nouvelle vie pour moi. Le rythme des entrainements était difficile. Tout mon agenda était contraint par la natation depuis mon enfance ne laissant pas de place (ou peu) pour les weekends et les vacances. La transition n’a pas été difficile. C’est aussi agréable de sortir de cette bulle et de commencer à avoir une vie plus « normale ».

J’ai ensuite orienté mon parcours assez naturellement vers l’industrie du sport, après Jenna de Rosnay, j’ai travaillé comme chef de produit chez Arena pendant 8 ans mettant à profit ma connaissance du sport et mes compétences professionnelles dans le domaine du textile. Aujourd’hui je travaille chez Decathlon, ce qui me permet d’être en contact permanent avec le milieu du sport, des produits techniques et des sportifs passionnés.

Ce que je recommanderais aux jeunes sportifs c’est de ne pas s’enfermer dans le cercle très fermé du sport car c’est un petit milieu au final dans lequel on peut assez facilement se complaire. En France, l’accompagnement des athlètes de haut niveau pour rebondir dans une vie « après sport » est faible. Il faut se donner les moyens de continuer ses études, de voir d’autres choses pour se donner la chance d’avoir le choix dans sa carrière professionnelle. Il y a pas mal de domaines dans lesquels on peut valoriser une carrière sportive et il est important de réfléchir long terme.

 

Je crois que tu as repris la compétition en catégorie Master il y quelques temps et ce, après une une longue pause sans nager. Parle-nous de tes performances et de tes fiertés : quelles ont été tes motivations à reprendre ? Comment as-tu réussi à combiner tes agendas de maman, de working girl et de compétitrice ? Quels conseils donnerais-tu aux femmes actives qui souhaitent se relancer des challenges sportifs après une pause ?

NB : J’ai repris la compétition grâce à mon un environnement professionnel. J’ai recommencer la natation après avoir intégré Nabaiji, la marque natation de Decathlon, toujours sur le métier de Chef de produit. Puis naturellement j’ai eu envie de revivre des sensations connues dans ma jeunesse : le contexte des entraînements, le partage de valeurs fortes, la sensation de stress : sentir une boule au ventre au réveil le matin de la compétition, monter sur le plot de départ et revoir l’eau du bassin lisse, etc. Cela m’a aussi permis de retrouver ma meilleure amie d’enfance qui était nageuse au club de Créteil avec moi et qui a repris la compétition vingt ans plus tard, la même année que moi.

En 2014, nous nagions assez régulièrement et avec quelques collègues, qui sont plus des amis, nous avons fait les championnats de France puis les mondiaux à Montréal. Je nageais deux fois par semaine, pendant la pause déjeuner ce qui n’empiétait pas du tout sur mon agenda familial.

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Nathalie aux championnats du monde de natation en 2011

Cette reprise sportive dans ma vie m’a permis de considérer le sport différemment : je m’étais déjà accomplie autrement et je ne jouais plus ma vie en compétition. J’étais là pour le plaisir, pour les sensations !

J’avais aussi une autre motivation : étant chef de produit sur la gamme des maillots de bain femmes, il était intéressant pour moi de tester en situation réelle mes prototypes, de les faire évoluer, et de les éprouver en conditions réelles pour les adapter aux contraintes du haut niveau.

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Combinaison de nage B Fast développée par Nathalie pour Nabaiji

Je ne peux pas dire que je me suis vraiment investie pour reprendre la compétition. Je le faisais pour vivre des moments uniques avec des personnes que je côtoyais tous les jours au travail et avec qui je partageais des moments forts sur le plan professionnel.

Mon conseil pour reprendre un challenge sportif serait de savoir s’écouter, et faire passer le plaisir de vivre une expérience, une aventure, avant de s’attacher à une performance. Parce qu’au final il n’y a pas vraiment d’enjeu en tant qu’adulte. C’est plus le chemin vers la course, tout ce qu’il y a avant et juste après qui reste.

 

Aujourd’hui, quels projets t’animent sur le plan personnel et professionnel ?

NB : Sur un plan personnel, mais toujours sportif, j’ai découvert les courses de nage outdoor. Le plaisir et l’effort sont vraiment différents. En natation tous les paramètres sont fixés à l’avance et on est maître de sa course, on la prépare, et notre corps dans l’effort est le seul paramètre à maîtriser, le plus dur, mais le seul.

En course outdoor, rien n’est prévisible, la météo, les conditions sur le parcours, les autres nageurs entre lesquels on se débat, aucune course ne se ressemble.

Je suis dans une nouvelle démarche sur le plan professionnel. Je me lance dans l’aventure de créer une marque d’Aquafitness chez Decathlon et c’est pour moi l’occasion de travailler sur d’autres aspects du sport. Je découvre l’univers du « sport santé », du « sport beauté ». C’est nouveau pour moi d’envisager le sport au service du corps et non plus l’inverse.

Au final, je suis plutôt heureuse de mon parcours. Le sport reste pour moi un socle, une règle de vie parce qu’avant tout c’est un ensemble de valeurs. Il m’a accompagné de différentes manières au cours de ma vie. C’est un moyen génial de partager et de se construire des souvenirs !!!!

 

 

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